un exploit à convertir pour le PSG face au Bayern Munich

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Après sa victoire sur la pelouse de l’Allianz Arena au match aller (2-3), le PSG doit confirmer mardi face au Bayern Munich lors de son quart de finale retour de Ligue des champions. L’ogre allemand est certes affaibli mais Paris est un habitué des matchs retour ratés.

Le PSG tient sa revanche à portée de crampons. Battu en août dernier en finale de la Ligue des champions par le Bayern Munich (1-0), Paris peut cette fois écarter le “Rekordmeister” en quarts de finale. Au Parc des Princes pour le match retour, le PSG arrive en ballotage favorable, entre victoire à l’extérieur au match aller (2-3) et équipe du Bayern décimée par les absences. De quoi envisager sereinement la qualification pour le dernier carré ? Oui, sauf si les vieux démons parisiens font leur retour…

Si le duo offensif magique Mbappé (deux buts) et Neymar (deux passes décisives) est au même niveau qu’au match aller, si Navas reste la forteresse imprenable de ses derniers rendez-vous en Ligue des champions et si l’équipe montre la même solidarité qu’à l’Allianz Arena, le PSG a toutes ses chances.

En Bavière, Paris a écrit un chapitre que ses supporters n’oublieront jamais – malgré le huis clos –, comme le but d’anthologie de George Weah en 1994 face au même adversaire. Chez une équipe qui n’avait plus perdu dans la compétition depuis 19 rencontres, sans leur milieu Marco Verratti, les hommes de Mauricio Pochettino ont réussi l’exploit qu’aucun club français n’avait réalisé à l’Allianz Arena depuis 2009.

Après un tel résultat, ne pas voir les demi-finales serait considéré comme un échec. Voire plus : les quatre dernières fois que le Bayern a perdu chez lui en C1, c’était face au futur vainqueur (Real Madrid en 2014, 2017 et 2018, Liverpool en 2019).

Exploit ou coup de chance ?

Cependant, il ne faut pas enterrer les Allemands trop vite. Leur défaite au match aller a tout de l’anomalie statistique : les Bavarois ont eu 61 % de possession de balle, tiré 31 fois au but – record absolu cette saison en Ligue des champions –, cadré 12 fois, et le gardien parisien Keylor Navas a réussi pas moins de dix arrêts ! Selon le statisticien Opta, jamais le PSG n’avait concédé autant de tirs dans la compétition reine, du moins depuis le début de cette statistique en 2003.

“Le football que nous avons joué ce soir était impressionnant”, estimait même l’entraîneur bavarois Hansi Flick juste après le match. “Nous n’avons pas été aussi efficaces que d’habitude devant le but (…) mais je suis très content de la prestation de l’équipe.”


“Les Munichois étaient meilleurs que le PSG : cette défaite est une blague”, s’agace d’ailleurs le site Focus Online, à l’unisson de la presse nationale. “Le Bayern a échoué à cause de son incapacité atypique à convertir ses occasions en but, et de ses faiblesses défensives bien connues.”

Lothar Matthäus, ex-Ballon d’Or, champion du monde et star du Bayern, reste optimiste et fait même de Munich son favori pour la qualification : “Au retour, il va falloir que Paris soit dans un très grand jour, prévient-il. Ils n’auront pas deux fois de suite la même chance.”

Un Bayern décimé ?

S’il ne faut jamais se réjouir du malheur des autres, les Parisiens doivent tout de même regarder d’un bon œil les incertitudes qui entourent actuellement l’effectif du Bayern. Robert Lewandowski, Corentin Tolisso, Douglas Costa et Niklas Süle sont blessés, Marc Roca et Serge Gnabry positifs au Covid-19, donc tous indisponibles à coup sûr. Enfin, Lucas Hernandez et Leon Goretzka sont incertains.

Bilan : six cadres de l’effectif probablement absents, même s’il reste de l’espoir pour Hernandez, et deux remplaçants très solides, Roca et Douglas Costa, hors circuit. Kingsley Coman, touché au genou samedi lors du match nul face à l’Union Berlin devrait lui tenir sa place.

Du côté de Paris, l’infirmerie reste elle aussi bien remplie, même si l’horizon commence à s’éclaircir : Leandro Paredes, suspendu au match aller, est de retour. Marco Verratti et Alessandro Florenzi (testés positifs au Covid-19) seront disponibles s’ils présentent un test négatif avant le coup d’envoi. Mais le capitaine Marquinhos, sorti sur blessure après avoir inscrit le deuxième but au match aller, est finalement forfait. Tout comme l’attaquant Icardi (cuisse) et les latéraux Layvin Kurzawa (mollets) et Juan Bernat, encore trop juste.

Le match retour raté, une spécialité parisienne

Un spectre hante Paris : celui du match retour raté en Ligue des champions. En effet, le PSG version qatarie s’est fait une spécialité ces dernières années d’éblouir lors des matches aller pour mieux s’écrouler lors de la deuxième manche.

Une tradition qu’on peut faire remonter au 8 mars 2017 et à la “remontada”. Ce soir-là, le PSG arrive en conquérant sur la pelouse du Camp Nou, auteur d’une démonstration de force face au Barça de la “MSN” (Messi-Suarez-Neymar) un mois plus tôt (4-0). Pourtant, au terme d’une soirée désastreuse conclue par une défaite 6-1, le club de la capitale entre dans l’histoire de la Ligue des champions par la petite porte comme la première équipe à s’être fait éliminer après avoir eu quatre buts d’avance au match aller.

En 2019, rebelote, même si l’échec est moins spectaculaire. Le PSG pensait avoir fait le plus dur en s’imposant 2 à 0 à Old Trafford face à Manchester United. Cependant, avec une dizaine de joueurs blessés et Paul Pogba suspendu, les “Red Devils” renversent la vapeur (3-1) sur des erreurs défensives parisiennes. Paris dévient ainsi la première équipe dans l’histoire de la Ligue des champions à être éliminée malgré une victoire 2-0 à l’extérieur à l’aller.


Cette saison, le PSG n’est guère rassurant à domicile : Paris a déjà perdu cinq fois dans son antre – du jamais-vu depuis l’exercice 2008-2009 –, dont trois défaites contre ses concurrents du top 4 de Ligue 1 : Lille, Monaco et Lyon. Les Parisiens se sont également inclinés à la maison au lancement de leur campagne de Ligue des champions face à Manchester United.

Même le huitième de finale retour face au FC Barcelone début mars n’a pas été rassurant. Après leur éclatante victoire au Camp Nou (4-1), les Parisiens se sont contentés de subir au Parc des Princes et de faire le dos rond. Il aura fallu une performance hors du commun de Kaylor Navas pour éviter une nouvelle catastrophe (1-1), preuve que les vieux démons ne sont jamais loin.

Comment dit-on “remontada” en allemand ?

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