Tokyo 2021 – VTT : Mathieu van der Poel, prodige tout-terrain

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Le Néerlandais Mathieu van der Poel, 26 ans, tentera lundi de décrocher l’or aux Jeux olympiques de Tokyo lors de l’épreuve de VTT. Le dernier défi d’un surdoué du vélo, qui aime concourir sur toutes les surfaces.

Le cyclo-cross, les classiques sur route du printemps, le Tour de France… Tous les terrains conviennent à Mathieu van der Poel qui tentera, lundi 26 juillet, de remporter une médaille lors de l’épreuve VTT des JO de Tokyo. Petit-fils de la légende du cyclisme français Raymond Poulidor, le jeune Néerlandais de 26 ans est un ogre qui dévore sa passion de vélo sur toutes les surfaces.

Pour les Jeux olympiques, un événement qu’il qualifie de “quelque chose de grand, de plus grand que le sport”, il a fait le choix de se concentrer sur le VTT. Une discipline qu’il connaît bien pour avoir terminé deuxième du classement général de la Coupe du monde 2018 et décroché la médaille de bronze au Mondial de la même année.

“La présence de Mathieu, ça fait du bien au VTT, parce que ça fait parler du cross-country, c’est vraiment cool de l’avoir sur le circuit”, apprécie d’ailleurs le champion du monde français Jordan Sarrou, qui sera aussi l’un des candidats à l’or olympique.

Venu du cyclo-cross

Mathieu van der Poel est tombé petit dans la marmite du vélo – mais plutôt du vélo sur route. Son père, le Néerlandais Adrie van der Poel, est un ancien professionnel ; sa mère, Corinne, est la fille de Raymond Poulidor. C’est pourtant dans le cyclo-cross, une discipline non olympique alternant routes goudronnées, chemins en nature et obstacles improbables, qu’il se fait un nom. Il est d’ailleurs quadruple champion du monde de la discipline, avec un dernier titre obtenu en janvier 2021.

“Quand j’avais 18 ans, j’ai été remarqué par l’équipe belge (du manager d’Alpecin-Fenix) Philip Roodhooft”, racontait récemment à l’AFP David, le frère aîné de Mathieu (29 ans contre 26 pour le benjamin). “Ils m’ont proposé de rouler pour eux comme espoir. Mathieu m’a rejoint deux ans plus tard de la même manière.”

Sa notoriété s’envole après sa première grande victoire sur route, sur l’Amstel Gold Race en 2019.

Une préparation amputée par le Tour de France

Mathieu van der Poel a vécu une préparation atypique de l’épreuve. Il a en effet été aligné sur les routes du Tour de France par son équipe Alpecin-Fenix, qui l’autorise à cumuler les disciplines moyennant quelques obligations.

“J’aurais préféré une préparation différente, mais mon Tour a été très réussi. Il ne va pas de soi de combiner trois disciplines et je peux être fier que ça se passe bien dans les trois”, a-t-il expliqué.

Durant la Grande Boucle, il a en effet crevé l’écran. Il a conquis le maillot jaune de leader sur la deuxième étape, un maillot que son grand-père n’avait jamais porté malgré son immense carrière. Le jeune champion a d’ailleurs fondu en larmes sur le podium. Il l’a ensuite vaillamment défendu pendant six jours jusqu’à sa perte lors de la huitième étape. Il a alors décidé d’abandonner pour commencer à se concentrer sur Tokyo.

“C’était dans mon intérêt d’abandonner le Tour et de me concentrer sur les Jeux”, s’était-il justifié. “Pour moi, il était impossible de faire le Tour en entier et d’arriver à Tokyo au sommet de ma forme.”

Le Néerlandais s’est préparé chez lui pendant deux semaines et a gagné tardivement Tokyo, n’arrivant qu’à quatre jours de l’épreuve. Un temps très court pour reconnaître le parcours et s’habituer au climat chaud et humide du Japon.


Des adversaires à sa mesure

Sur la route – ou plutôt le chemin de terre – vers la médaille à Tokyo, Mathieu van der Poel a plusieurs adversaires de taille, à commencer par un autre adepte du multisurface : Tom Pidcock. Venu du cyclo-cross comme lui, le Britannique a fait ses grands débuts sur route au sein de l’équipe Ineos Grenadiers. Il a d’ailleurs remporté la classique belge de la Flèche brabançonne et estime être mieux préparé que son adversaire.

Mathieu Van der Poel devra également se méfier du champion du monde en titre, le Français Jordan Sarrou, qui a terminé sa préparation le 10 juillet en prenant la deuxième place des championnats de France, trahi à 150 mètres de l’arrivée par un bris de chaîne, alors qu’il allait disputer le sprint pour la victoire.

Parmi les autres favoris, Mathieu van der Poel surveillera les deux Suisses Nino Schurter et Mathias Flückiger. Nino Schurter vise une quatrième médaille olympique consécutive, après le bronze de Pékin-2008, l’argent de Londres-2012 et l’or de Rio-2016. Flückiger, double vice-champion du monde et impressionnant vainqueur de la dernière étape de Coupe du monde aux Gets le 4 juillet, arrive aussi en grande forme.

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