Nigeria : la vie en Ogoniland, pollué par l’exploitation pétrolière

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Le 10 novembre 1995, l’écrivain et militant écologiste nigérian Ken Saro-Wiwa et huit compagnons d’infortune étaient exécutés par la junte du président Sani Abacha à l’issue d’un procès controversé. Fondateur du Mouvement pour la survie du peuple ogoni (Mosop) au début des années 1990, Ken Saro-Wiwa avait alerté l’opinion mondiale sur les désastres écologiques liés à l’exploitation du pétrole dans le delta du Niger, fédérant autour de lui des dizaines de milliers de personnes dans des communautés ogonis peu habituées jusque là à manifester pour leurs droits.

Après des mobilisations pacifiques d’une ampleur inédite en 1993, Shell suspend définitivement ses activités pétrolières en territoire ogoni, situé dans l’une des trois régions les plus riches en pétrole d’Afrique. Cette perte sèche, à l’époque, de plus de 30 % de la production de brut nigérian provoque une réaction du régime de Sani Abache : quelque 3 000 Ogonis meurent des suites des violences policières et militaires.

Un quart de siècle après la disparition de Ken Saro-Wiwa et de ses compagnons, l’Ogoniland subit toujours les dommages collatéraux liés à l’exploitation de l’or noir : pollutions massives des nappes phréatiques, champs agricoles et zones de pêches dévastés. Certaines communautés locales sont en procès contre Shell, reprochant à la multinationale anglo-néerlandaise le désastre écologique en cours sur leur territoire.

À la suite d’un rapport des Nations unies en 2011, le Nigeria a lancé officiellement en 2016 une agence en charge de la dépollution des terres et eaux ogonis. Mais ces lourdes opérations de nettoyage pourraient durer sur plusieurs décennies.

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