L’Égypte commande 30 avions de combat Rafale à la France


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L’Égypte a confirmé, mardi, avoir signé avec la France un contrat pour l’achat notamment de trente avions de combat Rafale supplémentaires. Le premier avion sera livré trois ans après l’entrée en vigueur de ce contrat. Le montant total de la transaction s’élève à 3,95 milliards d’euros.

C’est un nouveau succès à l’export pour le Rafale. Dans un communiqué de l’armée publié dans la nuit de lundi, l’Égypte a confirmé l’achat de 30 avions de combat Rafale, un contrat qui “renforce encore le partenariat stratégique et militaire entre la France et l’Égypte”, a salué, mardi 4 mai, le ministère français des Armées.

“L’Égypte et la France ont signé un contrat pour la fourniture de 30 avions Rafale”, a indiqué le communiqué égyptien quelques heures après la révélation de ce contrat par le média d’investigation français Disclose.

L’achat se fera via un prêt sur dix ans, ajoute l’armée égyptienne dans son communiqué, sans autre précision.

“Ce contrat illustre le caractère stratégique du partenariat que la France entretient avec l’Égypte, alors que nos deux pays sont engagés résolument dans la lutte contre le terrorisme et œuvrent à la stabilité dans leur environnement régional”, affirme dans un communiqué le ministère dirigé par Florence Parly.


Le Caire et Paris affichent volontiers leur convergence dans la lutte antiterroriste et sur d’autres enjeux de sécurité régionale, comme les rivalités avec la Turquie en Méditerranée orientale ou le conflit israélo-palestinien.

Ce nouveau contrat “traduit la confiance renouvelée de notre partenaire dans l’avion français”, estime par ailleurs le ministère.

Achat à crédit

Le Caire est l’un des plus gros clients de l’industrie française d’armement. L’Égypte avait été en 2015 le premier pays étranger à acheter des Rafale, avec une commande de 24 avions de combat.

Les ventes d’armes à l’Égypte se sont considérablement renforcées après l’arrivée au pouvoir d’Abdel Fattah al-Sissi en 2014, essentiellement entre 2014 et 2016 à la faveur de la vente de Rafale, d’une frégate, de quatre corvettes et de deux porte-hélicoptères Mistral.

La vente annoncée cette semaine confirme le succès à l’exportation, tardif mais réel, de l’avion de combat français. Également commandé par le Qatar (36) et par l’Inde (36), il a été vendu en janvier à la Grèce à 18 exemplaires, dont douze d’occasion.

Selon les détails dévoilés par Disclose, la France et l’Égypte ont conclu le 26 avril un contrat d’un montant de 3,95 milliards d’euros, comprenant la vente de trente avions de chasse Rafale, ainsi que deux autres contrats au bénéfice du missilier MBDA et de Safran Electronics et Defense.

Disclose a également indiqué que les versements de l’Égypte se feraient “principalement à crédit” et que Le Caire avait “obtenu un prêt garanti par la France à hauteur de 85 %”.

Selon le média d’investigation, “le Trésor public s’est porté caution auprès de plusieurs établissements bancaires français” – Crédit agricole, Société générale, BNP Paribas et CIC – pour permettre le prêt.

Abdel Fattah al-Sissi a été reçu en décembre 2020 à Paris. Une visite décriée par des organisations de défense des droits humains qui accusent régulièrement l’Égypte de bafouer les libertés individuelles et de limiter notamment la liberté d’expression.

Le Caire, quatrième client de la France

Depuis l’arrivée au pouvoir d’Abdel Fattah al-Sissi en 2014, l’État égyptien mène une répression féroce contre toute forme d’opposition, religieuse ou libérale.

Mais le président français, Emmanuel Macron, a refusé de conditionner la question des droits humains au partenariat stratégique entre Paris et Le Caire, tout en plaidant pour une “ouverture démocratique” et “une société civile active”.

Face aux critiques des ONG contre le régime égyptien, qu’elles accusent d’utiliser des armements contre des civils, le ministère des Armées plaide que “les exportations de matériels militaires s’inscrivent dans la politique de défense et de sécurité de la France”.

Les importations égyptiennes d’armements français se sont élevées à 7,7 milliards d’euros entre 2010 et 2019, faisant du Caire le quatrième pays client de la France en matière d’armements, selon le rapport annuel au Parlement français.

Avec AFP

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