le retour triomphal de Francis Ngannou dans son village natal au Cameroun

Le champion du monde des poids lourds d’arts martiaux mixtes (MMA), Francis Ngannou, a été accueilli en héros lors de son retour dans son village natal de Batié, dans l’ouest du Cameroun.

C’est un concert de klaxons qui accueille l’enfant du pays : Francis Ngannou, champion du monde des poids lourds d’arts martiaux mixtes (MMA), a fait le week-end du 1er mai un retour triomphal dans son village natal de Batié, dans l’ouest du Cameroun.

Le colosse d’1 m 93 pour 113 kilos, surnommé “The Predator”, a battu à Las Vegas le 28 mars par KO l’Américain Stipe Miocic, tenant du titre, devenant ainsi le premier Africain à obtenir cette consécration mondiale dans la plus prestigieuses des ligues, l’Ultimate Fighting Championship (UFC) américaine.

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Debout à l’arrière d’un pick-up, Francis Ngannou, sourire aux lèvres et ceinture de champion dorée devant lui, salue les supporters de sa petite ville venus l’acclamer.

Francis Ngannou salue ses supporters depuis son pick-up.
Francis Ngannou salue ses supporters depuis son pick-up. © Daniel Beloumou Olomo, AFP

Alors que l’interminable convoi de véhicules qui accompagne le champion de 34 ans traverse l’axe principal desservant cette commune d’environ 20 000 personnes, une myriade d’enfants, de femmes et de vieillards sortent à mesure que le cortège avance.

Sur l’esplanade de la fondation créée par Francis Ngannou à Batié pour encadrer de jeunes sportifs, près de 2 000 personnes ont pris place pour une cérémonie d’accueil. Le champion du monde, admirateur de Mike Tyson, parle d’une voix posée et calme. Bien loin de l’image du “Predator” sur les rings, lui qui s’adonne à un sport de combat extrême qui permet coups de pied, poing, genou, coude et passages au sol.

“Voici la ceinture”, lance-t-il en ghomala, une langue de l’ouest du Cameroun, devant une foule en liesse. “Cette ceinture est très belle, mais ce n’est qu’un bout de métal. Pour moi, le plus important, c’est ce qu’elle véhicule, elle représente la foi et la détermination”, enchaîne Francis Ngannou.

Le champion du monde, admirateur de Mike Tyson, parle d'une voix posée et calme.
Le champion du monde, admirateur de Mike Tyson, parle d’une voix posée et calme. © Daniel Beloumou Olomo, AFP

 

“Il me donne de l’espoir”

“Ngannou Champion”, lit-on sur une pancarte portée, au milieu de la foule, par un jeune fan, Armand Teguia, parti de Yaoundé, la capitale, à près de 300 km, pour célébrer celui qu’il considère comme un “modèle”.

“Je suis tellement ému, content, fier d’avoir un grand frère qui est champion du monde et qui fait la fierté du Cameroun”, s’enthousiasme-t-il. “Il me donne de l’espoir, l’envie de travailler. C’est le meilleur, il n’y en a pas deux”, poursuit-il.

Francis Ngannou, né en 1986, a passé son enfance à Batié. Il abandonne ses études au collège et enchaîne les petits boulots pour survivre, travaillant successivement dans une carrière de sable ou comme conducteur de moto-taxi.

Il découvre sur le tard les sports de combat. Mais l’absence de perspectives au Cameroun le pousse à l’exil. En 2013, il arrive clandestinement en France, où il dort un temps dans la rue à Paris avant de faire des rencontres qui lui permettent de poursuivre sa carrière dans les arts martiaux.

Francis Ngannou présente la ceinture de chamion du monde au chef de son village.
Francis Ngannou présente la ceinture de chamion du monde au chef de son village. © Daniel Beloumou Olomo, AFP

“Je ne suis pas une légende. Je suis juste un enfant du village qui a cru en ses rêves”, assure-t-il. “Ce que je retiens de mon parcours c’est que c’est possible tant qu’on y croit, c’est possible tant qu’on s’accroche.”

“Lorsqu’il était tout petit, je percevais déjà en lui beaucoup de détermination. J’avais compris qu’il avait un objectif très précis à atteindre dans la vie, mais il ne l’avait jamais révélé à qui que ce soit”, témoigne Ferdinand Kamga, qui a côtoyé le “Predator” quand il travaillait à la carrière de sable. 

Un centre ouvert en 2019

En 2019, Francis Ngannou a ouvert dans son village un centre multisports pour former des jeunes aux arts martiaux. Huit fois champion d’Angleterre de jiu-jitsu brésilien, Sam Michael Crook s’est installé en 2019 à Batié pour encadrer des jeunes du centre de Ngannou. Plusieurs dizaines de jeunes s’y entraînent. “Tout est gratuit”, souligne le Britannique.

“C’est un premier centre. Nous avons prévu une deuxième salle à Buéa dans la région du Sud-Ouest, mais on ne s’arrêtera pas là”, promet Francis Ngannou.

Huit fois champion d'Angleterre de jiu-jitsu brésilien, Sam Michael Crook s'est installé en 2019 à Batié pour encadrer des jeunes du centre de Ngannou
Huit fois champion d’Angleterre de jiu-jitsu brésilien, Sam Michael Crook s’est installé en 2019 à Batié pour encadrer des jeunes du centre de Ngannou © Daniel Beloumou Olomo, AFP

“Le projet est immense et vise à couvrir tout le territoire national avec (…) des opportunités données aux jeunes de pouvoir s’entraîner au plan sportif et de favoriser leur développement personnel ; ce qui permettra aux enfants de croire en leurs rêves”, avance-t-il.

“Francis m’a récupéré dans la rue pour me mettre où je suis actuellement. Je n’avais rien à manger. Aujourd’hui, j’ai un bon cadre pour m’entraîner à tout moment”, témoigne Desmond Tamungang, champion du Cameroun de MMA de 28 ans.

Il doit participer à la mi-mai au championnat d’Afrique de MMA, avec pour objectif d’avoir le même palmarès que son mentor.

“Je bosse dur pour que ce titre de champion du monde reste ici. Rien ne m’empêchera d’avoir cette ceinture. Je veux en avoir plus que Francis Ngannou”, ambitionne-t-il. 

À Batié, il n’est pas le seul à caresser ce rêve.

Avec AFP

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