Le meilleur joueur de rugby au monde s’appelle Antoine Dupont et il est français

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Le demi de mêlée Antoine Dupont, 25 ans, a été sacré meilleur joueur de rugby au monde, vendredi.  Avec ses 35 sélections, il est le troisième tricolore à inscrire son nom au palmarès de cette distinction lancée en 2001. Portrait d’un discret enfant du sud-ouest français. 

Le meilleur joueur de rugby au monde est français : Antoine Dupont a été distingué, vendredi 10 décembre, au terme d’une année pleine avec Toulouse et les Bleus, qui a fait prendre une nouvelle dimension à ce garçon discret du Sud-Ouest devenu un leader en forçant sa nature.

Le demi de mêlée de 25 ans a devancé le deuxième ligne anglais Maro Itoje et deux Australiens, le troisième ligne Michael Hooper et le centre Samu Kerevi, à l’issue d’un processus mêlant vote du public et jury d’experts.

“C’est dur de réaliser. Il y a bien sûr énormément de joie et de fierté, beaucoup de sentiments et d’émotions qui se mélangent”, a-t-il réagi dans une vidéo publiée par World Rugby. “Ça fait bizarre de voir son nom dans cette liste (des meilleurs joueurs mondiaux de l’année), on a presque l’impression d’y faire tache.”

“Après il faut tout faire pour pouvoir y prétendre à nouveau et continuer d’être performant tout le temps”, a ajouté le joueur toulousain, qui succède au troisième ligne sud-africain Pieter-Steph Du Toit, couronné en 2019 (le titre de joueur mondial de l’année n’a pas été attribué en 2020 en raison de la pandémie de Covid-19).

Dupont, 35 sélections, est le troisième Français à inscrire son nom au palmarès de cette distinction lancée en 2001 par World Rugby, après l’ancien demi de mêlée et actuel sélectionneur des Bleus Fabien Galthié, en 2002, et l’ancien troisième ligne Thierry Dusautoir, en 2011.

Une reconnaissance internationale qui vient récompenser une année ponctuée de deux titres avec le Stade toulousain, en Coupe d’Europe et en championnat, et d’une victoire de prestige avec la France, en novembre, contre la Nouvelle-Zélande.

Sa désignation comme capitaine des Bleus pour les tests d’automne est le témoignage de son influence grandissante au-delà du terrain, où ses qualités naturelles en faisaient déjà depuis quelques saisons l’une des références mondiales à son poste.

“C’est plutôt dans tout ce qui est périphérique au jeu qu’il a vraiment pris une autre dimension”, estime l’un de ses entraîneurs toulousains, Clément Poitrenaud. “Il a gagné en maturité et en expérience. Son leadership et ses compétences stratégiques et tactiques se sont développés.” 

Humble et discret

“C’est un joueur exceptionnel, tout le monde a envie de le suivre quand il est sur le terrain. Ça pousse l’équipe à être meilleure tous les week-ends”, appuie son coéquipier Anthony Jelonch, l’un de ses meilleurs amis.

Les deux joueurs ont fait leurs classes ensemble à Auch, dans ce Sud-Ouest qui fleure bon le canard et le rugby de clocher. Issu d’une famille d’hôteliers de Castelnau-Magnoac, à la frontière entre les Hautes-Pyrénées et le Gers, “Toto” Dupont est resté très attaché à son terroir natal.

Le “ministre de l’Intérieur” – son autre surnom, pour sa capacité à être régulièrement au soutien intérieur de ses partenaires, grâce à un sens unique de l’anticipation – est un garçon humble et discret qui a su progressivement forcer sa nature.

“C’est quelqu’un qui ne parle pas beaucoup”, confirme son ancien entraîneur à Castres Christophe Urios. “Je lui disais souvent : ‘tu as un talent incroyable et tu seras peut-être un jour un excellent joueur, mais jamais le meilleur du monde, parce que tu ne parles pas et que tu n’as pas ce leadership’.”

Boulimique de rugby, Dupont s’impose aujourd’hui, à moins de deux ans de la Coupe du monde en France, comme l’une des égéries d’un sport en mal de superstars internationales comme peuvent l’être Lionel Messi ou Cristiano Ronaldo en football.

“Peut-être que le rugby a besoin d’un tel porte-drapeau. D’un garçon qui n’est pas dans les frasques, dans les grandes déclarations”, disait la saison dernière son entraîneur toulousain Ugo Mola.

Le natif de Lannemezan avait promis, en étant promu capitaine des Bleus, qu’il ne changerait pas pour autant sa “façon d’être”. Son titre honorifique de joueur de l’année 2021 ne devrait pas non plus l’empêcher de bien garder les pieds sur terre.

Avec AFP

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