l’Américain Chris Ware, roi du “comic strip”, sacré au Festival d’Angoulême

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Maître incontesté du “comic strip”, l’Américain Chris Ware, qui a réinventé une riche tradition de la bande dessinée aux États-Unis, a été récompensé, mercredi, du Grand Prix de la Ville d’Angoulême.

L’Américain Chris Ware a obtenu, mercredi 23 juin, la récompense la plus prestigieuse de la bande dessinée, le Grand Prix de la Ville d’Angoulême, lors d’un festival pas comme les autres.

Maître incontesté du “comic strip” américain, Chris Ware, 53 ans, était voué à recevoir ce prix un jour. Il avait été finaliste les trois années précédentes.

Mais le festival, organisé d’habitude en janvier dans le sud-ouest de la France, n’a pas pu accueillir de public cet hiver en raison de l’épidémie de Covid-19 et de l’interdiction des rassemblements. Le Grand Prix avait donc été repoussé en juin, dans l’espoir de conditions plus favorables.

L’incertitude a poussé les organisateurs à renoncer à leurs projets estivaux. Et ce n’est même pas à huis clos que l’auteur de “Rusty Brown” a reçu sa récompense : il a dû rester à la maison, de l’autre côté de l’Atlantique.

Le Grand Prix devrait offrir à l’Américain une notoriété dont il manque encore auprès du grand public français. Mais cette consécration ne s’est pas faite sans heurts.

Attribuée à l’issue d’un processus en deux temps par un “vote de la communauté des autrices et auteurs professionnels de bande dessinée”, la récompense a été l’occasion pour certains d’exprimer leur mécontentement.

Des votants “ont fait le choix d’un vote protestataire (qui ne pouvait être comptabilisé, dès lors qu’il ne se portait pas sur une autrice ou un auteur de bande dessinée) dans le but d’attirer de nouveau l’attention des pouvoirs publics sur les conditions dans lesquelles les autrices et auteurs exercent leur profession”, annonçait le festival en mai.

Aux côtés des légendes

Le récipiendaire de ces votes était Bruno Racine, un haut fonctionnaire qui a rendu au gouvernement en janvier 2020 un rapport proposant un statut plus avantageux pour les auteurs en général. Ses propositions sont restées lettre morte.

Une fois ces votes nuls écartés, Chris Ware s’est retrouvé au second tour face à deux Françaises, Pénélope Bagieu et Catherine Meurisse, qu’il a devancées.

Les résultats du premier comme du second tour ne sont pas divulgués.

L’Américain succède au Français Emmanuel Guibert. Le Musée d’Angoulême a consacré à cet auteur une exposition qui ferme ses portes dimanche.

Chris Ware rejoint des légendes de la bande dessinée, principalement européennes, telles que Franquin, Wolinski, Zep, mais aussi trois compatriotes : Art Spiegelman (“Maus”), Bill Watterson (“Calvin et Hobbes”) et Richard Corben (BD fantastiques).

Le Festival d’Angoulême prévoit de revenir en 2022 à son format classique, avec une 49e édition du 27 au 30 janvier.

Pour l’économie de cette cité des Charentes qui a perdu une bonne partie de son industrie, l’annulation des événements grand public en 2021 a été un coup dur. Angoulême se présente non seulement comme “ville des festivals”, mais aussi “ville de l’image” avec ses studios de création.

Même sans son festival emblématique, la BD affiche pour sa part une excellent santé en France. D’après le Centre national du livre, son chiffre d’affaires a grimpé de 46 % en 10 ans, à 591 millions d’euros en 2020, en grande partie grâce à la popularité des mangas japonais.

Avec AFP

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