la vétusté des installations mise en cause

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Une nappe de près de 480 000 litres de pétrole a pollué ces derniers jours les légendaires plages d’Huntington Beach, dans le sud de la Californie. Elle serait due à une fuite sur un oléoduc d’Amplify Energy Corp datant d’une quarantaine d’années.

Oiseaux et poissons morts, pour certains portant des traces de pétrole brut, se sont échoués sur les plages d’Huntington Beach, en Californie. Les secours tentent de contenir la nappe de pétrole qui a touché les côtes californiennes au sud de Los Angeles et fait planer la menace d’une marée noire, lundi 4 octobre. Environ 480 000 litres de pétrole se sont déversés dans l’océan Pacifique ces derniers jours.

Un oléoduc vieux de plus de 40 ans est soupçonné d’être à l’origine de cette fuite de pétrole. Le PDG de la société texane Amplify Energy Corp, qui exploite cet oléoduc via sa filiale Beta Offshore, a assuré avoir prévenu les gardes-côtes samedi matin, dès qu’une suspicion de fuite avait été détectée par ses équipes.

La société a envoyé un véhicule télécommandé pour examiner “plus de 2 400 mètres de tuyaux (…) Nous avons vu un point dont nous pensons qu’il est très probablement à la source” de la fuite, a déclaré lundi Martyn Willsher lors d’une conférence de presse à Huntington Beach.

“Des plongeurs vont y descendre cet après-midi” pour vérifier, a ajouté le PDG, soulignant qu’aucune des inspections annuelles menées sur l’oléoduc n’avait détecté de dégradation.

Par mesure de précaution, Amplify Energy a mis à l’arrêt tous ses sites de productions et oléoducs dans la zone.

La crainte d’un “désastre écologique” 

Les côtes d’Huntington Beach sont “recouvertes de pétrole”, a déclaré la maire, Kim Carr, qui a fermé 24 km de plages entre Huntington Beach et Laguna Beach, plus au sud, interdit la pêche et demandé aux habitants de se tenir à distance des eaux polluées.


Les plages pourraient rester fermées “pendant des semaines, voire quelques mois”, a prévenu Kim Carr, disant redouter un “désastre écologique potentiel” pour la région.

Des équipes de nettoyage travaillent sur la plage et les zones marécageuses avoisinantes qui abritent une large faune ornithologique.

Les gardes-côtes, qui supervisent les opérations de secours, ont quant à eux mobilisé de nombreux navires de dépollution. Quelque 12 000 litres de pétrole avaient été extraits de l’eau dimanche soir et 1 600 m de barrages flottants déployés pour contenir la nappe, ont-ils précisé.

Une menace permanente

Autorités et protecteurs de l’environnement s’inquiétaient particulièrement de l’impact de la marée noire sur les nombreuses réserves écologiques situées dans des estrans et des zones humides en bordure de la côte.

La catastrophe a déjà relancé le débat sur la présence de plateformes pétrolières et d’oléoducs à proximité des côtes du sud de la Californie.

“C’est simple : là où vous forez, il y aura des fuites”, a déploré le parlementaire démocrate Alan Lowenthal. “Cela va être dévastateur non seulement pour notre faune et notre écosystème marin, mais aussi pour la subsistance de nos villes côtières, qui vivent de la pêche, du tourisme et des loisirs”, a-t-il déclaré dans un communiqué.

“Tant que ces plateformes et oléoducs demeurent, nos villes côtières restent sous la menace de désastres potentiels comme celui-ci”, avertit l’élu.

Depuis les années 1940 aux États-Unis, 64 000 km d’oléoducs et de gazoducs ont été construits en mer dans les eaux fédérales par des sociétés énergétiques et les autorités ont renforcé ces dernières années le contrôle de ces installations vieillissantes.

Des écologistes ont à plusieurs reprises attiré l’attention sur la vétusté de certaines installations, rouillées et mal entretenues selon eux, et les risques que cela représentait pour l’environnement.

Selon le Government Accountability Office, l’équivalent américain de la Cour des comptes, les autorités de régulation n’ont cependant pas pris de mesures suffisantes pour minimiser les risques liés à l’obsolescence de ces infrastructures. 

La juridiction de la Californie limitée

L’État de Californie et de nombreuses municipalités tentent de s’opposer par tous les moyens aux projets d’extraction pétrolière offshore depuis le traumatisme de la marée noire de Santa Barbara en 1969, avec ses plages mazoutées et les images quotidiennes de dauphins, loutres et pélicans morts englués dans un carcan de pétrole.

La Californie n’a plus concédé d’autorisation offshore depuis lors, mais sa juridiction s’arrête à environ 5 km des côtes, là où l’État fédéral prend le relais.

C’est précisément dans les eaux fédérales que semble s’être produite la fuite à l’origine de la marée noire, à proximité de la plateforme Elly, construite en 1980 pour traiter le brut extrait de puits voisins.

Avec AFP et Reuters

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