la Tunisienne Ons Jabeur vise toujours plus haut

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Ons Jabeur a réussi son entrée en lice à Roland-Garros. De retour de blessure, elle a dominé sans mal la Kazakhe Yulia Putintseva mardi. À 26 ans, la Tunisienne confirme un peu plus ses progrès et assume ses ambitions : Jeux olympiques, sommet de l’ATP ou tournois du Grand Chelem, elle ne s’interdit aucun rêve.

On l’avait quittée tête basse, le 3 mai dernier, sur la terre battue de Madrid. Engagée dans le tournoi WTA 1000 espagnol, Ons Jabeur avait pris un bon départ en écartant d’abord Yaroslava Shvedova, puis l’ex-numéro 3 mondiale Sloane Stephens. Mais ensuite, face à Belinda Bencic, la Tunisienne avait dû jeter l’éponge, lâchée par son corps.

Un mois s’est écoulé depuis. Ons Jabeur a soigné ses ischio-jambiers blessés, dans le but d’être opérationnelle pour Roland-Garros. Pari tenu : la Tunisienne était bien là mardi 1er juin pour son retour à la compétition, sur la terre battue de la capitale française. Et son adversaire, Yulia Putintseva, n’a pas fait le poids (7-5, 6-2).

Une revanche à prendre contre Sharma

Avant même d’en découdre avec son adversaire, Ons Jabeur avait prévenu en conférence de presse : “contente de (son) jeu et de (sa) forme”, la tenniswoman avait “trop hâte de reprendre la compétition”, avec pour objectif d’aller “le plus loin possible”. Au moins jusqu’en huitièmes de finale, comme en octobre dernier ici même ? 

Pour espérer faire au moins aussi bien, il lui faudra dompter l’Australienne Astra Sharma jeudi au deuxième tour. Une affiche en forme de revanche pour Ons Jabeur, privée de ce qui aurait été le premier titre de sa carrière le 12 avril dernier, avec ce revers en finale du tournoi de Charleston contre cette même adversaire (2-6, 7-5, 6-1).

“Je suis là pour prendre ma revanche. C’est une joueuse qui joue très bien sur terre battue. (…) J’apprends de la finale de Charleston. Ce n’était pas ma journée, cette finale. Dans deux jours (jeudi, ndlr), je sais que je serai prête pour gagner ce match”, a déclaré Ons Jabeur après avoir battu Putintseva.

“J’ai ma place dans le Top 10”

Ces ambitions sont assumées par la Tunisienne, d’autant plus que la porte d’Auteuil lui évoque de bons souvenirs. Il y a dix ans, elle accédait pour la deuxième année consécutive à la finale du tournoi de Roland-Garros, catégorie Juniors.

La Tunisienne Ons Jabeur brandissant le trophée symbolisant sa victoire en finale du tournoi Juniors de Roland-Garros, le 5 juin 2011 face à la Portoricaine Monica Puig.
La Tunisienne Ons Jabeur brandissant le trophée symbolisant sa victoire en finale du tournoi Juniors de Roland-Garros, le 5 juin 2011 face à la Portoricaine Monica Puig. AFP – JACQUES DEMARTHON

La première fois, en 2010, Elina Svitolina avait été la plus forte. Par contre, le 5 juin 2011, à 16 ans, Ons Jabeur l’emportait cette fois face à Monica Puig, devenant ainsi la première joueuse nord-africaine sacrée en Grand Chelem catégorie Juniors.

Ons Jabeur est aussi la première tenniswoman arabe à avoir intégré le Top 50 de la WTA, en février 2020. Elle venait alors de se hisser jusqu’en quarts de finale de l’Open d’Australie. Le 10 mai dernier, elle pointait au 24e rang mondial avant d’être contrainte à une pause pour se soigner. Aujourd’hui 26e, Ons Jabeur a encore répété mardi qu’elle se voyait plus haut : “Je sais que j’ai ma place dans le Top 10. C’est ce que j’essaie d’atteindre.”

Elle rêve d’un Grand Chelem et d’être numéro un mondiale

Dans un long entretien accordé à Eurosport mi-mai, la Tunisienne explique avoir commencé le tennis à 3 ans, sous le regard de Samira, sa maman, elle-même adepte de la balle jaune. “Elle a été une grande inspiration pour moi. C’est une femme très forte et j’adore son caractère. Elle m’a donné la conviction, la volonté d’aller plus loin et de faire de grandes choses”, dit-elle à son sujet.

Admirative d’Andy Roddick durant sa jeunesse, Ons Jabeur est aujourd’hui un modèle respecté en Tunisie, où le tennis gagne en popularité à mesure qu’elle gravit les échelons dans le circuit : ” On m’a envoyé des vidéos de fans regardant mes matchs dans les cafés en plein milieu de la nuit. Je pense que cela suscite un intérêt croissant pour le sport en général, et pas seulement pour mes matches. (…) Je ressens profondément l’amour de tout mon pays.”

Celle qui se définit avec fierté comme “un produit 100 % tunisien” regarde les prochaines échéances de 2021 avec un appétit certain. Elle vise le Top 10 ou le Top 15 d’ici la fin de l’année, avant de regarder encore plus haut. “Je veux être numéro un mondiale et gagner des Grands Chelems”, assure-t-elle. Sans oublier les Jeux olympiques de Tokyo, “une perspective énorme”.

À Londres en 2012 et à Rio en 2016, Ons Jabeur n’avait pas passé le premier tour. La tenniswoman se sent aujourd’hui en mesure de “faire de belles choses” et d'”aller plus loin dans la compétition” au Japon. Entre Roland-Garros en ce moment, Wimbledon ensuite (du 28 juin au 11 juillet) et le rendez-vous des JO, ainsi que sa progression dans le classement mondial de la WTA, Ons Jabeur ne manque pas défis.


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