En Afrique, l’éléphant de forêt “en danger critique d’extinction”

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Menacé par la destruction de son habitat et le braconnage, l’éléphant de forêt d’Afrique est désormais une espèce “en danger critique d’extinction”, a mis en garde jeudi l’Union internationale pour la conservation de la nature. Son cousin, l’éléphant de savane d’Afrique, lui aussi monté d’un cran dans la liste rouge des espèces menacées, est considéré comme “en danger”.

Ce déclin devrait “sonner l’alarme”. La mise en garde provient d’un responsable de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), l’une des principales ONG mondiales œuvrant pour la préservation de la biodiversité.

L’éléphant de forêt d’Afrique est désormais considéré comme “en danger critique d’extinction”, selon une mise à jour, jeudi 25 mars, de la liste rouge des espèces menacées de l’organisation.

Le Loxodonta cyclotis, qui vit essentiellement dans les forêts d’Afrique centrale et d’Afrique de l’Ouest, a vu sa population chuter de 86 % en 30 ans.

L’éléphant de savane d’Afrique (Loxodonta africana), qui peuple l’Afrique subsaharienne, a pour sa part vu sa population diminuer d’au moins 60 % ces 50 dernières années. L’espèce est désormais classée “en danger”.

Il y a 50 ans, environ 1,5 million d’éléphants sillonnaient l’Afrique. On n’en dénombrait plus que 415 000 en 2016, date du dernier grand recensement.

Braconnage et destruction de l’habitat

La chute de la population des éléphants d’Afrique s’est accélérée depuis 2008, quand le braconnage pour les défenses en ivoire s’est intensifié, atteignant son apogée en 2011.

Même si le phénomène a perdu en intensité, le braconnage continue de menacer les éléphants, souligne l’UICN.

Pour Benson Okita-Ouma, de l’ONG Save the Elephants et coprésident du groupe des spécialistes des éléphants d’Afrique au sein de l’UICN, le plus inquiétant est la destruction de l’habitat des éléphants pour augmenter la surface des terres agricoles ou l’exploitation forestière.

Les éléphants de forêt occupent aujourd’hui seulement un quart de leur territoire originel.

Quelques succès en matière de conservation

Le rapport met cependant l’accent sur les succès en matière de conservation au Gabon et au Congo, dans des zones protégées bien gérées, ou encore dans la zone de conservation transfrontalière du Kavango-Zambèze, où le nombre d’éléphants de savane est stable voire en croissance.

“Plusieurs pays africains ont montré la voie ces dernières années, prouvant qu’on pouvait inverser la tendance”, explique Bruno Oberle, le directeur général de l’UICN.

Effets délétères de la crise sanitaire

La pandémie de Covid-19 avait au départ permis aux éléphants de recoloniser certaines zones, d’où ils avaient été chassés, grâce à une baisse de l’activité humaine.

Mais la crise sanitaire a eu des effets délétères sur la protection de la nature en Afrique en privant les pays des revenus du tourisme qui servaient en partie à financer ces efforts.

“Les éléphants ne vont pas disparaître d’Afrique du jour au lendemain”, rassure Bruno Oberle, de l’UICN, mais “cette classification doit nous servir d’avertissement que si nous n’inversons pas le cours des choses, nous avons de bonnes chances de voir ces animaux frappés d’extinction”.

Avec AFP

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