Emma Raducanu, la prodige de 18 ans qui éblouit à l’US Open

Déjà en vue à Wimbledon, la jeune prodige britannique du tennis Emma Raducanu s’est qualifiée mercredi pour les demi-finales de l’US Open. À 18 ans, elle est devenue la première joueuse issue des qualifications à atteindre le dernier carré du Grand Chelem américain dans l’ère Open.

Elle est en demi-finale de l’US Open et n’a toujours pas perdu un set. À 18 ans, la Britannique Emma Raducanu éblouit le tournoi américain du Grand Chelem de son talent et de sa précocité. En écartant la Suissesse Belinda Bencic, tête de série n° 11, elle a rallié mercredi 8 septembre les demi-finales du majeur états-unien de tennis, un exploit jamais réalisé par une joueuse issue des qualifications dans l’ère Open. Elle affronte, dans la nuit de jeudi à vendredi, la Grecque Maria Sakkari pour une place au sommet.

Un parcours sans faute et sans faille

Née à Toronto d’un père roumain et d’une mère chinoise, la pépite britannique réalise un tournoi hors du commun. Depuis les qualifications qu’elle a dû disputer en raison de son bas classement WTA, elle a méthodiquement vaincu toutes celles qui se sont présentées sur son chemin.

En huitième de finale, la Britannique de 18 ans a étrillé (6-2, 6-1) l’Américaine Shelby Rogers (43e), qui avait pourtant créé la surprise au tour précédent en éliminant la n° 1 mondiale, l’Australienne Ashleigh Barty. Au tour précédent, elle avait failli humilier l’Espagnole Sara Sorribes Tormo (41e mondiale) d’une “double bulle” devant un public conquis (6-0, 6-1).

Sa dernière victime en date, Belinda Bencic, demi-finaliste à l’US Open en 2019 et médaille d’or olympique à Tokyo, était pourtant idéalement entrée dans le quart de finale en lui mettant la pression avec un break d’entrée. Cependant, la prodige du tennis a su trouver les ressources mentales pour renverser son adversaire et rallier le dernier carré.

Le fait est inédit à l’US Open, mais il est aussi très rare dans les autres majeurs, puisque la jeune femme n’est que la quatrième issue des qualifications à atteindre ce stade, après l’Australienne Christine Matison Dorey à Melbourne en 1978, l’Américaine Alexandra Stevenson à Wimbledon en 1999 et l’Argentine Nadia Podoroska l’an passé à Roland-Garros.

À Wimbledon, la pression était trop forte

La révélation du tournoi, présente sur le circuit professionnel depuis fin 2019, avait vu son ascension éclair stoppée à cause de la crise du Covid-19. Elle a profité de la période pour se consacrer à ses études et passer l’équivalent britannique du baccalauréat. Délestée de cette contrainte, elle a été invitée au tournoi de Wimbledon où elle a fait parler d’elle.

Pour le premier Grand Chelem de sa carrière, celle qui pointait alors à la 338e place mondiale a atteint les huitièmes de finale. Mais prise de vertiges et en proie à des difficultés respiratoires, elle a été contrainte d’abandonner contre l’Australienne Ajla Tomljanovic (6-4, 3-0).

Le lendemain, elle expliquera sur son compte Instagram avoir “sans doute mal géré (son) stress en jouant devant une foule si nombreuse”.

“Je pense que tout l’enjeu m’a rattrapée. Après le premier set et des échanges intenses, j’ai commencé à respirer péniblement et avoir des vertiges”, a expliqué la jeune joueuse.

Depuis, la Britannique a appris à gérer la pression, comme l’a prouvé sa prestation contre Belinda Bencic sur le court central Arthur-Ashe du parc Flushing Meadows de New York.

“Je pense que je joue mieux ici qu’à Wimbledon”, a-t-elle commenté depuis New York. “L’enchaînement des matchs et l’expérience que j’ai accumulée ces quatre, cinq dernières semaines m’aident à améliorer mon jeu match après match.”

Le circuit s’extasie

Les observateurs du circuit sont conquis par les performances de la pépite britannique et de son style énergique et dominateur, à base de puissantes frappes à plat en fond de court et de revers à deux mains. “Les progrès d’Emma ont été spectaculaires parce que c’est ce qu’elle est sur le terrain, tous les jours. Sa mentalité, son dynamisme et son ambition sont criants, son éthique de travail est implacable. Elle veut être la meilleure et essaie de gagner chaque point”, témoigne ainsi Jamie Delgado, le coach d’Andy Murray, qui a fait plusieurs séances d’entraînement avec elle cet hiver. D’ailleurs, la star britannique suit également ses performances de près.

Pour l’ancienne championne tchèque Martina Navratilova, aucun doute : “C’est une superstar en devenir. On ne veut pas trop lui mettre la pression, mais elle a ce truc qu’on a vu la première fois chez (Rafael) Nadal, (Novak) Djokovic et qu’on voit chez (l’Espagnol de 18 ans) Carlos Alcaraz. C’est là, sous nos yeux. Elle est née pour ça.”

Pour Virginia Wade, dernière Britannique à avoir inscrit son nom au palmarès de l’US Open (1968), le talent d’Emma Raducanu ne fait aucun doute : “Il y a quelques catégories avec lesquelles j’évalue les joueurs, a-t-elle confié à la presse britannique. Les qualités athlétiques, la détermination, la concentration, la capacité à improviser. Emma coche toutes les cases. J’aimerais juste la voir venir un peu plus souvent au filet. […] Elle pourrait même continuer et gagner ce tournoi. Vous la regardez et vous vous dites : “Pourquoi pas ?”, note-t-elle.

La jeunesse au pouvoir dans le tableau féminin

Leylah Fernandez est, à 19 ans, l’autre sensation féminine de Flushing. Elle a successivement écarté la tenante du titre, la Japonaise Naomi Osaka (3e), l’Allemande Angelique Kerber (17e) et, mardi soir, l’Ukrainienne Elina Svitolina (5e), en remontant à chaque fois un set.

“C’est une grande joueuse. Elle se bat pour chaque point. Elle joue bien, elle est très mobile et je sais qu’elle n’aura rien à perdre”, a dit Aryna Sabalenka, qui s’attend en outre à ce que “le public la soutienne très fort”.

La Biélorusse, qui espère bien faire mieux qu’à Wimbledon où elle avait été stoppée en demi-finale, a, sans faire de bruit, passé sans encombre ses tours et même fait assez forte impression.

Face à deux adversaires certes bien mieux classées, mais guère habituées à s’ouvrir les portes d’une finale en Grand Chelem, Leylah Fernandez et Emma Raducanu, qui se croisent sur les courts depuis l’enfance – “chez les moins de 12 ans, on a disputé l’Orange Bowl et d’autres tournois, en juniors à Wimbledon, aussi”, a confié la Britannique –, ne nourrissent aucun complexe.

“Nous avons très envie de faire la différence dans le monde du tennis”, a affirmé mardi soir Leylah Fernandez. “Nous voulons avoir un impact sur le tennis. Ce tournoi prouve simplement à quel point nous nous adaptons à tout.”

Source link

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *