Douze clubs de football européens créent une “Superligue” concurrente de la Ligue des champions

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En dépit d’une vaste opposition au sein du milieu du football et au-delà, douze grands clubs européens ont lancé, dans la nuit de dimanche à lundi, leur “Superligue”, une compétition privée vouée à supplanter la Ligue des champions. La FIFA “ne peut que désapprouver une Ligue européenne fermée et dissidente hors des structures du football”, a réagi la fédération internationale.

C’est un séisme sans précédent en près de 70 ans de compétitions européennes. Douze des plus grands clubs européens de football ont annoncé dans un communiqué, tard dimanche 18 avril, avoir conclu un accord pour la création d’une nouvelle compétition, la “Superligue”, destinée à concurrencer la traditionnelle Ligue des champions.

Parmi les clubs fondateurs de la “Superligue”, figurent les six plus grandes équipes de Premier League, la première division anglaise – Manchester United, Manchester City, Liverpool, Arsenal, Chelsea et Tottenham -, ainsi que le Real Madrid, le FC Barcelone ou encore la Juventus Turin. Aucun club français, ni allemand, ne figure dans la liste. L’UEFA les a d’ailleurs remerciés publiquement pour leur loyalisme.

Les clubs rebelles prétendent, semble-t-il, instaurer un controversé système de ligue quasi fermée comparable aux championnats nord-américains de basket (NBA) ou de football américain (NFL).

Générer des revenus supplémentaires

La nouvelle compétition, expliquent ses promoteurs, est vouée à “générer des ressources supplémentaires pour toute la pyramide du football”.

“En contrepartie de leur engagement, les clubs fondateurs recevront un versement en une fois de l’ordre de 3,5 milliards d’euros destinés uniquement à des investissements en infrastructures et compenser l’impact de la crise liée au Covid-19“, poursuivent les organisateurs.

Si ce chiffre est confirmé, il suppose des revenus bien supérieurs à ceux obtenus par l’UEFA pour l’ensemble de ses compétitions de clubs (Ligue des champions, Ligue Europa et Supercoupe d’Europe), qui avaient généré 3,2 milliards d’euros de recettes TV en 2018-2019, avant une pandémie qui a fortement plombé le marché européen des droits sportifs.

“Nous allons aider le football à tous les niveaux et le mettre à la place qu’il mérite dans le monde. Le football est le seul sport mondial avec plus de quatre milliards de fans et notre responsabilité en tant que grands clubs est de répondre à leurs désirs”, a déclaré le patron du Real Madrid, Florentino Perez, président fondateur de cette “Superligue”.

Des matchs en concurrence avec la Ligue des champions

Selon ses promoteurs, cette compétition fonctionnerait sous la forme d’une saison régulière opposant vingt clubs, quinze d’entre eux (les clubs fondateurs et trois supplémentaires restant à déterminer) étant qualifiés d’office chaque année et les cinq autres choisis “à travers un système basé sur leur performance de la saison précédente”.

“La saison inaugurale (…) démarrera aussitôt que possible”, poursuit le texte, sans fixer de calendrier précis.

Les matchs se tiendraient en principe en milieu de semaine, entrant en concurrence directe avec les cases réservées pour la Ligue des champions, mais pas avec les championnats nationaux traditionnellement organisés le week-end.

Une “Superligue” féminine sera aussi lancée une fois que la compétition masculine sera installée.

Opposition de la FIFA et de l’UEFA

La Fédération internationale de football (FIFA) a réagi en exprimant sa “désapprobation” face à ce projet de ligue européenne fermée hors de “tout cadre structurel”.

L’UEFA, dans un communiqué co-signé par plusieurs championnats nationaux, avait prévenu dès dimanche que tout club dissident serait exclu des compétitions nationales et internationales, et que leurs joueurs ne pourraient plus jouer en équipe nationale, par exemple à l’Euro ou à la Coupe du monde.

Le lancement de cette “Superligue” intervient alors que l’UEFA réunit lundi son comité exécutif (9 heures à Paris) pour entériner une refonte de sa Ligue des champions à l’horizon 2024.

Les prises de positions ont également été nombreuses parmi les dirigeants politiques, de l’Élysée en France au Premier ministre Boris Johnson au Royaume-Uni. La présidence française a ainsi fustigé un projet “menaçant le principe de solidarité et le mérite sportif” et la ministre déléguée aux Sports Roxana Maracineanu a dénoncé un “club VIP de quelques puissants”.

Avec AFP et Reuters

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