démission du directeur artistique après une affaire de sexisme

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Le directeur artistique des Jeux olympiques de Tokyo, Hiroshi Sasaki, chargé des cérémonies d’ouverture et de clôture, a annoncé jeudi sa démission. La presse nippone avait révélé des commentaires offensants de sa part sur Naomi Watanabe, une animatrice de 33ans très en vue au Japon.

Nouvelles accusations de sexisme et nouvelle démission dans le comité organisateur des Jeux olympiques de Tokyo. Le directeur artistique, Hiroshi Sasaki, a annoncé jeudi 18 mars sa démission après la publication de commentaires offensants sur le physique d’une célébrité japonaise, un nouveau casse-tête pour les organisateurs à quasiment quatre mois de l’ouverture des JO.

Un tabloïd nippon a révélé mercredi que Hiroshi Sasaki avait suggéré par le passé de déguiser en porc la comédienne et star japonaise des réseaux sociaux Naomi Watanabe

Dans une déclaration, Hiroshi Sasaki s’est dit “profondément désolé” pour cette “grave insulte” envers la jeune femme aux formes généreuses.

Cette affaire survient à peine plus d’un mois après la démission fracassante de Yoshiro Mori, le président du comité d’organisation de Tokyo-2020, poussé vers la sortie après avoir affirmé que les femmes parlaient trop lors des réunions.

La nouvelle présidente du comité d’organisation, Seiko Hashimoto, s’est dite jeudi “choquée” par l’affaire Sasaki. “Plaisanter sur le physique est très inapproprié”, a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse convoquée dans l’urgence, ajoutant qu’elle comptait rapidement remplacer le directeur artistique.

Une suggestion “totalement déplacée”

Naoki Okada, porte-parole adjoint du gouvernement nippon, a aussi jugé jeudi que la suggestion de Hiroshi Sasaki était “totalement déplacée”.

En mars 2020, avant le report des JO à cette année en raison de la pandémie, Hiroshi Sasaki avait suggéré à des collègues de faire apparaître Naomi Watanabe dans un costume rose et avec des oreilles de cochon lors de la cérémonie d’ouverture. Son idée, qui avait aussitôt été rejetée, était de jouer sur les mots anglais “Olympics” et “Olympigs” (“pig” signifiant porc).

Hiroshi Sasaki n’avait été nommé directeur artistique pour les cérémonies d’ouverture et de clôture des JO qu’en décembre 2020, mais ce sexagénaire était déjà auparavant un personnage clé de divers spectacles associés aux Jeux.

Ce publicitaire de profession était initialement chargé des cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux paralympiques. Il avait aussi conçu l’événement sobre dans le Stade olympique de Tokyo l’été dernier lançant le nouveau compte à rebours d’une année avant les Jeux reportés (23 juillet-8 août 2021).

En 2016, Hiroshi Sasaki avait également été derrière l’opération de communication réussie de déguiser le Premier ministre japonais de l’époque, Shinzo Abe, en “Super Mario” lors de la cérémonie de clôture des JO de Rio.

Une personnalité très connue au Japon

“Je suis sincèrement surprise”, a réagi jeudi Naomi Watanabe dans un communiqué à propos de l’affaire Sasaki. “Je suis heureuse avec la forme de mon corps”, a-t-elle assuré, disant aussi espérer qu’un jour “chaque personne pourra respecter et accepter les pensées et caractéristiques des autres”.

Cette femme de 33 ans, qui a des origines taïwanaises, est une personnalité médiatique ultra-connue au Japon et très influente sur les réseaux sociaux : son compte Instagram est suivi par 9,3 millions de personnes.

Célèbre au Japon depuis son imitation de la chanteuse Beyoncé en 2008, elle a aussi gagné en notoriété dans les pays occidentaux en apparaissant notamment en 2019 dans la série “Queer Eye” de Netflix, qui met en scène des spécialistes en style.

À la fois comédienne, mannequin et influenceuse dans la mode et les cosmétiques, elle a aussi sa propre marque de vêtements, Punyus. Ses rondeurs totalement assumées contrastent avec les canons de beauté féminins au Japon, et elle a déjà été victime d’insultes sur son apparence par le passé. 

Nouveau casse-tête pour les organisateurs

Les organisateurs des JO de Tokyo se seraient bien passés de ce nouveau scandale, alors qu’ils luttent déjà contre le scepticisme du public japonais vis-à-vis de la tenue des Jeux cette année en raison de la pandémie.

Un tel problème “n’aurait jamais dû arriver”, a regretté jeudi Seiki Hashimoto, confiant que le Comité international olympique (CIO), avec lequel elle a abordé l’affaire Sasaki mercredi soir, était “assez préoccupé”.

Le relais de la flamme olympique doit démarrer le 25 mars au Japon, mais les organisateurs ont interdit aux spectateurs d’assister à la cérémonie de départ et en partie à la première étape pour des raisons sanitaires. Le public sera autorisé sur le reste du parcours, mais les acclamations et les attroupements seront bannis et le port du masque obligatoire. Plusieurs personnalités ont déjà annoncé qu’elles renonçaient à participer au relais à cause du Covid-19.

Une décision officielle sur une très probable interdiction des spectateurs venus de l’étranger aux JO est aussi attendue la semaine prochaine.

Avec AFP

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