Avec “Manuwa Street”, Sophie Bouillon raconte un Nigeria violent, créatif et attachant

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Quand elle a posé ses valises au Nigeria en 2014, Sophie Bouillon a eu le coup de foudre pour le pays et sa capitale, Lagos. Avec “Manuwa Street”, un livre qui s’inscrit dans la littérature du réel, elle raconte les dessous de son installation dans la mégalopole, son travail de journaliste sur le terrain, ses rencontres avec des habitants qui vivent au gré des soubresauts de l’économie nigériane.

Sophie Bouillon raconte à Laure Manent comment la pandémie de Covid-19 et un confinement très dur ont poussé à bout la population, dont 70 % vit dans l’extrême pauvreté et était déjà exaspérée par une corruption endémique. Elle évoque notamment l’engagement des artistes contre ce fléau ou la réaction brutale des autorités au péage de Lekki, en octobre 2020, où une dizaine de manifestants anticorruption ont été tués par l’armée.

La directrice adjointe du bureau de l’AFP à Lagos revient aussi sur les événements sur lesquels elle travaille et qui ne la laissent jamais indifférente, des enlèvements groupés d’enfants par des bandes armées qui exigent une rançon, aux “déguerpissements”, ces déplacements forcés de population, en passant par le terrorisme islamiste et ce qu’elle appelle “l’équilibrisme éditorial” qu’il impose aux journalistes.

Un livre parfois dur, souvent touchant et toujours très vivant, signé de la plus jeune titulaire du prix Albert-Londres, que Sophie Bouillon a reçu en 2009, à l’âge de 24 ans.

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