après des années d’anonymat, la Roja veut renouer avec la gloire

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L’Espagne se présente, vendredi, à Saint-Pétersbourg, dans la peau de favori du tournoi, en quart de finale face à la Suisse. Un statut inattendu après un début de compétition décevant pour la Roja, qui rêve de dominer à nouveau la planète foot.

En se qualifiant pour les quarts de finale de l’Euro-2021 aux dépens de la Croatie (3-5), l’Espagne a brisé une série noire qui la poursuivait depuis plusieurs années. Car après avoir outrageusement dominé le football mondial entre 2008 et 2012, en devenant la première sélection à remporter trois compétitions majeures d’affilée – l’Euro en 2008 et en 2012 et le Mondial-2010 grâce à la génération des Xavi, Iniesta, Puyol, Torres et Casillas –, la Roja était rentrée dans le rang.

Précisément depuis sa piteuse élimination au premier tour du Mondial-2014, après une déroute mémorable face aux Pays-Bas (1-5). Une humiliation que l’Espagne a tardé à oublier, comme le démontrent ses éliminations précoces en huitièmes de finale de l’Euro-2016 et du Mondial-2018.

Dix buts inscrits lors de leurs deux derniers matchs

Face à la Croatie, en huitièmes de cet Euro-2021, elle a failli connaître un sort identique après avoir laissé les vice-champions du monde, alors menés 3 buts à 1, réaliser une remontada pour revenir à égalité dans les dernières secondes de la partie. Le scénario complétement fou de ce match a finalement tourné en faveur des hommes de Luis Enrique qui ont inscrit deux nouveaux buts en prolongations (5-3, ap).

Opposée à la Suisse, qui a éliminé la France (3-3, 5-4 tab) à la surprise générale au tour précèdent pour disputer son premier quart de finale de l’Euro, l’Espagne est la favorite de ce duel. Même si le sélectionneur espagnol Luis Enrique a dit s’attendre à “un match compliqué” face à “une très bonne équipe, qui attaque et défend en bloc”.

Emmenée par le jeune Pedri, l’un des maîtres à jouer de l’Espagne avec Sergio Busquets et Koke, la Roja peut toutefois espérer poursuivre son chemin dans la compétition.

Une perspective assez inespérée après un début de compétition aussi poussif que décevant, avec deux matchs nuls consécutifs face à la Suède (0-0), lors son entrée en lice dans le tournoi, et face à la Pologne (1-1). 

Critiquée par les médias espagnols pour son inefficacité devant le but, la Roja a retrouvé des couleurs au bon moment, avant d’affronter la Slovaquie lors de son dernier match de groupe. Notamment grâce au retour sur le terrain de son indispensable capitaine et métronome Sergio Busquets (absent après un test positif au Covid-19), qui a coïncidé avec une victoire éclatante des Ibériques sur les Slovaques (5-0), synonyme de qualification en huitièmes.

Auteurs de 10 buts lors de leurs deux dernières sorties (meilleure attaque de l’Euro avec 11 buts), ils ont été à la hauteur de leur potentiel offensif, qui peut les emmener plus loin dans la compétition, même si le vainqueur de ce quart de finale affrontera ensuite un gros poisson en demi-finale à Wembley, le 6 juillet – la Belgique ou l’Italie.

Quand la Roja gagne son quart de finale, elle remporte l’Euro

L’ambitieux Luis Enrique, qui a repris les rênes de l’équipe quelques mois après avoir quitté son poste en juin 2019 pour être au plus près de sa famille touchée par un drame, voit grand pour son groupe. “L’Espagne fait partie des favoris, il n’y a aucun doute. (…) Nous sommes dans le groupe des six-sept favoris”, avait-il affirmé avant le début de la compétition.  

Et ce, malgré une préparation perturbée par une multiplication de cas de Covid-19 au sein de la sélection espagnole, qui n’a pas pu disputer son dernier match de préparation contre la Lituanie et avait été jusqu’à appeler en urgence 6 réservistes et 11 membres de l’équipe Espoirs, au cas où…

C’est dans ce contexte que l’Espagne s’est finalement présentée à cet Euro en figurant parmi les outsiders, un rang derrière les favoris français, belges et néerlandais, alors même qu’elle avait brillamment bouclé sa campagne de qualifications, en terminant invaincue en tête de son groupe (devant la Suède, avec 8 victoires, 2 nuls et 29 buts marqués). 

Loin d’avoir délaissé son jeu de possession et de redoublement de passes appelé le “tiki-taka” – envié par certains et détesté par d’autres, mais qui lui avait permis de conquérir le monde –, la Roja avait affiché des statistiques affolantes pendant ces qualifications. Plus que toute autre sélection, elle est celle qui a effectué le plus de tirs (227), affiché le taux de possession le plus élevé (70 %) et accompli le plus de passes réussies (91 %).

Interrogé jeudi en conférence de presse, Luis Enrique est apparu très confiant avant d’affronter la Suisse. À la question “avez-vous vu une équipe meilleure que l’Espagne dans cet Euro ?”, il a répliqué avec assurance “non”.

 

“Nous sommes l’une des meilleures équipes du championnat d’Europe sur le plan défensif, malgré quelques erreurs individuelles”, a assuré le technicien âgé de 51 ans. “L’équipe a une bonne attitude et je suis heureux de la façon dont nous avons géré les dernières minutes contre la Croatie. Ce que je n’ai pas aimé, c’est ce que nous avons fait avec le ballon pendant cette période, pas ce que nous n’avons pas fait sans.”

Avant d’entrer sur la pelouse, vendredi, les Espagnols, qui n’ont perdu qu’un seul de leurs 28 derniers matchs, se souviendront d’une statistique jusqu’ici jamais démentie : quand la Roja gagne son quart de finale, elle remporte l’Euro. Un bonheur que seuls Sergio Busquets et Jordi Alba ont connu en 2012, alors que le groupe compte 17 joueurs qui découvrent une phase finale majeure.

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