Amnesty International épingle le Qatar sur les droits de l’Homme à un an du Mondial-2022

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À un an de la Coupe du monde de football, Amnesty International a demandé mardi au Qatar de respecter les droits de l’Homme et de faire cesser les abus contre les travailleurs immigrés, dont beaucoup ont contribué à la construction des stades du Mondial-2022.

“À un an de la Coupe du monde 2022 de la Fifa, le temps presse”, explique Amnesty international. L’ONG de défense des droits de l’Homme exhorte le Qatar à cesser les abus contre les travailleurs immigrés, dont beaucoup ont construit les grands chantiers du Mondial-2022, dans un communiqué publié mardi 16 novembre.

“La réalité quotidienne de nombreux travailleurs immigrés dans le pays reste éprouvante, malgré des modifications apportées à la loi depuis 2017”, a estimé l’ONG de défense des droits humains basée à Londres.

“Un risque persistant d’exploitation”

Elle a appelé le Qatar à abolir la kafala, un système de “parrainage” permettant entre autres aux entreprises d’interdire à leurs salariés de changer d’employeur ou de quitter le pays.

Mark Dummett, directeur du programme Thématiques mondiales à Amnesty International, accuse les autorités d’une complaisance qui “expose des milliers de personnes à un risque persistant d’exploitation”, alors que “beaucoup d’entre elles ne sont pas en mesure de changer d’emploi et sont victimes de pratiques s’apparentant à un vol de salaire”.


“Elles n’ont presque aucun espoir d’obtenir justice, des réparations ou une indemnisation. Après la Coupe du monde, l’avenir des travailleurs qui resteront au Qatar sera encore plus incertain”, ajoute-t-il.

Amnesty International affirme que “les autorités ont peu fait pour enquêter sur l’ampleur des décès inexpliqués”, affirmant qu’un lien avait été établi entre les morts et les conditions de travail.

En dépit des réformes du droit de travail introduites ces dernières années au Qatar, l’accès à la justice “reste très restreint” pour les travailleurs étrangers et il leur est interdit “de se syndiquer afin de lutter collectivement pour leurs droits”, dénonce l’ONG.

“Le Qatar rejette les affirmations selon lesquelles les réformes n’ont pas été traduites dans les faits pour des centaines de milliers de travailleurs immigrés”, selon le Bureau de communication du gouvernement.

Plus de 240 000 travailleurs ont réussi à changer d’emploi depuis septembre 2020 et plus de 400 000 ont directement bénéficié d’un nouveau salaire minimum, souligne-t-il en évoquant des réformes ayant “considérablement réduit les pratiques d’exploitation”.

Pour Amnesty International, qui reconnaît les réformes introduites, “tout manquement à leur mise en œuvre signifie que l’exploitation continue”.

Avec AFP

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